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De quel mal souffrons nous ?


L’ambiance et les circonstances de cette année 2020 engendrent des plaintes et des complaintes. Ça va mal, c’est une constatation de fait.

Que ça aille mal c’est certain !

La question étant :

De quoi souffrons nous ?

De ne pas se nourrir. Non, les assiettes sont encore pleines.

De ne pas avoir de toit. Non, les toits sont encore sur nos têtes.

D’avoir froid. Non, la pénurie de chauffage n’est pas d’actualité.


Dans l’immédiateté du moment, ces maux n’existent pas. Par contre, dans le futur, les risques que ces difficultés apparaissent, sont plus que certains, seulement, ne rêvons pas, ce ne sont pas les inquiétudes présentes. Regarder plus loin que le bout de son nez, n’est malheureusement pas d’époque.

Donc, revenons à la question du début, de quel mal souffrons nous ?

Du portefeuille, ça c’est possible.

De la frustration de ne pas pouvoir agir sur la situation, ça c’est également possible.

Du manque de liberté, probable, car c’est un des facteurs de la souffrance présente.


En vérité, la plus grande souffrance humaine, celle qui est sous jacente à tout ce brouhaha, est sans aucun doute le sentiment d’être divisés, la sensation que les liens s’effilochent, laissant la place libre à un règne de pression, de virtualité, de tendance à déshumaniser l'humanité. L’humain capturé et dédié au travail, uniquement au travail pour produire et faire le jeu économique qui profite aux plus riches.

C’est effectivement ce sentiment qui émane de la situation. Celui de se sentir capturé dans les filets d’un système qui nous dépasse, nous englouti et nous rend invisible. Nous dansons au bout de son doigt comme des marionnettes de chiffons.

Il est certain qu’il est encore possible de choisir sa marque de dentifrice, ou bien encore si l’on veut manger du poisson, de la viande ou des légumes ; il y a aussi le choix entre le riz et les pâtes.

Il reste aussi le choix du programme télévisé, du film à regarder. D’autre part, on peut encore choisir d’en sourire ou de faire la tête.

Hormis ces choix bouffons, ils nous disent que nous avons l’essentiel. Sans doute, quoique nous vivons au vingt et unième siècle et pas au moyen âge. Effectivement, au moyen âge, le servage avait cela de particulier, le serf était taillable et corvéable à souhait, c'est-à-dire à la volonté du seigneur.


Toute cette pantomime est justifiée pour nous éviter de mourir. Bel objectif, seulement nous avons oublié un fait majeur, quoiqu’on fasse ce risque fait partie de la vie, nous allons tous mourir.

Evidemment la question étant de savoir quand. Le plus tard possible, me direz vous. Je suis d’accord avec cette idée, hormis le fait de l’absurdité de ne pas vivre pour ne pas mourir.

Car ne pas vivre ensemble, nous humains animaux sociaux, découle du non sens. C’est un marché de dupe. Être en vie et ne pas avoir la liberté de vivre ensemble est une absurdité qui n’est pas même justifiée par l’attachement à la vie, ni même par la peur de la mort.

Ou bien serais ce l’idée de quantité qui prime sur la qualité ?

M.D


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