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Illusion d’optique

« Voyons voir disait l’aveugle au sourd qui n’entendait pas »

Est-ce la vue qui est perdue ou l’ouïe qui est défaillante ? Dans les deux cas de figure, la réalité se trouve à l’intérieur.

Lorsque l’esprit n’est pas en paix, en d’autres termes, lorsqu'un tsunami de pensées souffle, la vue et l’ouïe sont perturbées. Des grésillements sur les ondes de perception ou tout du moins de réception.

Le spectacle ressemble à un théâtre de marionnettes, du mouvement, de la parole, tout pour leurrer le spectateur autant que l’acteur et pourtant ce ne sont que des pantins.

La société du spectacle de Guy Debors 1967, rentre en scène et même n’en est jamais sortie depuis qu’il a écrit cet ouvrage.

Les ficelles sont multiples, les provenances restent cachées par un rideau illusoire.

Les pensées qui envahissent l’esprit sont tellement puissantes, qu’elles balayent tout sur leur passage, laissant un vide intérieur profond.

Dévasté par un courant de terres brûlées qui détruit de l’intérieur, l'esprit est malmené. Le fameux Burnout dans sa traduction primaire, le feu qui vient de l’intérieur. En quelque sorte une implosion dévastatrice, tout y est détruit, le corps, l’esprit et l’âme.

Ainsi que dans le rapport à soi et dans le rapport aux autres, un manque de respect se manifeste. Irrespect du cadeau d’être en vie, irrespect de notre intelligence humaine. Irrespect de notre âme, de ce qui serait censé nous animer et qui sous couvert d'une pantomime, ne fait que de ballotter, de transformer l’humanité en poupée de chiffon.

Chiffonnées, les âmes le sont. Elles se croisent, se reconnaissent et continuent leur route d’amitié, d’âmes moitiés.

Constatation affligeante, le jeu de cache cache se retourne contre l’humain l’enfermant dans un camp de concentration intérieur et qui de plus, est virtuel.

Car, tout est beau, brillant, clinquant, les fissures sont masquées, pour être correct, acceptons de voir que le maquillage est bien grossier.

Etre un pantin, permet de ne pas être responsable, ni coupable, c’est la norme et s’y fixer est aussi une norme. Les esprits sont ballottés, d’informations en savoir et de savoir en certitudes. Ça crie tout azimut, la concentration nécessaire pour gérer un tel cataclysme est remplacée par la dispersion.

Peur, crainte, suspicion, anxiété, tout s’y mêle formant un amalgame, nauséabond. Une manière de fonctionner est imposée au détriment de tout autre exigence humaine.

Sourde machine à broyer, la société industrialisée « dite» avancée , se retranche derrière les besoins qu’elle crée sans cesse depuis plus d’un siècle, pour plaider non coupable. Pernicieuse, hypocrite et sadique, elle affiche une gueule d’ange remettant sur le dos de l’humain une faute dont elle tire les ficelles dans l’ombre.

Deux sortes d’humains, les utiles et les inutiles. Mondialement ce dictat est imposé, partageant l’humanité en deux.

Etre tout simplement, vivre ce qui nous est donné et ne pas chercher midi à quatorze heures, est ce si compliqué ?

A y regarder, oui cela parait franchement difficile voire impossible. Gandhi disait « Vivre simplement pour que simplement d’autres puissent vivre ». Où est la conscience, probablement planquée dans le subconscient qui se garde bien de la laisser sortir. Inconscience collective, sans doute. Se battre pour des milliards de causes extérieures, se dévaster le cerveau d’épuisement est devenu le Graal. Plus aucune énergie en vue pour envisager un changement individuel qui apporterait une conséquence de facto, un changement global.

D’où viendra l’effondrement? Il ne viendra pas, il est déjà là. Les ressources humaines s’épuisent chaque jour un peu plus, ça se voit dans les actes, c’est une réalité factuelle. De grandes idées et de petites actions, voir pas d’action du tout.

Parler de projets anime. En parler est simple car les faire, est une autre histoire. La question à se poser est limpide, doit on avoir ou faire de grands projets pour vivre.

Et si s’adapter en vivant sobrement en boycottant le système consumériste était un projet, qui, quoique n’en «étant pas un », se trouve être l’essentiel pour projeter de vivre en paix. Créer avec ce qu’on a sans rêver à ce que l’on aimerait est une manière de mener à maturité une société adolescente qui se gave de plaisirs éphémères sans efforts. La joie profonde demande à mettre fin à des distractions chronophages pour ouvrir la porte à l’élan créateur d'un nouveau monde.


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